Le 1er août 1914, le régiment du 27ème Dragons quitte ses quartiers de Versailles vers la gare des Matelots, pour rejoindre en train le front du nord de la France.

“Par quatre, marche !“, l’ordre entendu des dizaines de fois fait s’ébranler les cavaliers, casque à crinière sur la tête, pantalon garance, sabre au côté et un fusil en bandoulière. Le régiment rompt vers l’ennemi, pour quatre ans de guerre.
Le régiment comprend deux sections de mitrailleuses portées sur deux voitures à deux roues tirées par quatre chevaux (voir photo ci-dessus). Sur d’autres voitures suivent les munitions et le matériel d’entretien. Sous les ordres d’un Lieutenant de cavalerie, notre grand-père, Maurice Petit, 24 ans, Maréchal-des-logis (nous sommes dans la cavalerie), commande une section monté sur sa chère jument Belle Lurette.
Appelé en 1911 pour son service militaire qui se terminera en 1913, rappelé en 1914 à la déclaration de guerre, il ne sera libéré qu’en 1919, à la dissolution du régiment, après près de huit ans passés sous les drapeaux.
Notre grand-père, ce héros
Maurice est né le 11 mai 1890 à Levainville, près du Gué-de-Longroi, en Eure et Loir, où le père de Maurice est agriculteur beauceron, élevant avec son épouse ses 7 enfants, tout en développant son exploitation en modernisant son matériel, notamment en achetant une des premières moissonneuses-batteuses. Maurice ne peut ou ne veut pas reprendre l’exploitation, et doit trouver un autre métier. Il se forme dans la boucherie, métier qu’il exerce au moment de sa conscription.

Selon le document militaire ci-contre, il est considéré comme “inutilisable comme tel” (mention en rouge).
Pas grand-chose à dire de sa jeunesse, malheureusement, ni de son service militaire, au cours duquel il est formé au maniement de la mitrailleuse, et dont il sort avec le grade de Maréchal-des-logis d’une section de mitrailleuses. Il est directement sous les ordres du lieutenant ou sous-lieutenant commandant la section.
Grâce aux JMO (Journal des Marches et Opérations), rédigés chaque jour par un officier du régiment, et aux nombreux documents collectés pour ce site, on a une idée précise des déplacements et des mouvements et actions militaires d’un régiment. C’est le cas du 27ème Dragons, qu’on peut suivre pendant la totalité de la guerre sur près de 200 pages manuscrites très émouvantes, car y sont dénombrés chaque jour les blessés et les morts au combat. Ces JMO ont été numérisés et celui qui nous concerne peut être lu sur le site Mémoires des Hommes en cliquant sur cette image :
Il a été cité à deux reprises pour son courage et sa maîtrise du commandement. Nous possédons l’original de la seconde citation, et, dans les JMO, la corrélation est faite entre date et actions militaires de sa section de mitrailleuses. Nous pensons avoir trouvé la date de son premier fait d’arme avec citation et description de l’action, mais nous ne possédons pas l’original du document.
Le détail de ces faits d’arme et les lieux font l’objet d’une page dédiée.
Mais jamais il ne nous a parlé de sa guerre, et surtout pas de sa jument…


